En 2020, la valeur locative des surfaces commerciales s’est effondrée. En effet, les loyers étaient en chute de 18 % tandis que la valeur du droit au bail a baissé de 26 %. La baisse de la demande en surface commerciale est impressionnante. Les ouvertures de mètres carrés de commerce ont chuté de 42 % en 2020, ce chiffre est de – 28 % pour les centres commerciaux.

Les commerces les plus touchés sont ceux implantés dans des surfaces de 40 000 m2 et plus. En effet, ce sont les surfaces qui ont été le plus concernées par les mesures gouvernementales de lutte contre l’épidémie. Les magasins situés dans ces centres ont été fermés plus longtemps que les autres.

Les supermarchés ont été quant à eux favorisés dans cette crise. Malgré les tentatives gouvernementales d’interdire la vente directe de produits non essentiels dans les grandes surfaces alimentaires. Ces dernières ont mis en place des systèmes perfectionnés de « click and collect ». La consommation alimentaire a globalement augmenté, assurant ainsi un chiffre d’affaires suffisant pour régler les loyers.

C’est avec les grandes enseignes non alimentaires que la crise a été la plus rude. Le secteur le plus touché est celui de la mode. D’importantes marques du secteur déjà fragiles avant la crise se retrouvent en grande difficultés (Celio, la Halle, Camaïeu…). Il est fort probable que les fermetures de magasins engendrées par la crise fassent augmenter l’offre de locaux commerciaux. La baisse va sans doute encore se poursuive.

Le contentieux lié au paiement est fortement lié aux mesures d’aides proposées par l’Etat. Les litiges dus au non-paiement des loyers lors du premier confinement sont relativement peu nombreux, les aides apportées aux commerçants étant très fortes à cette époque.

Pour le deuxième confinement, l’Etat avait mis en place un crédit d’impôt pour les bailleurs équivalent à 50 % des loyers abandonnés. Le problème est que ce dispositif ne concerne pas les grandes enseignes.

Aujourd’hui, alors que les deux tiers des centres commerciaux sont fermés, l’Etat a cette fois décidé de prendre à sa charge les loyers des commerces situés dans les départements devant respecter des mesures de confinement. Le nombre de litiges ne devrait donc pas exploser à l’avenir.